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Les allégations de santé : ce que le cadre autorise réellement

Par · · 6 min de lecture

Un produit ne peut pas affirmer n'importe quoi. Comprendre ce qui est encadré permet de repérer, sur un emballage, ce qui relève du droit et ce qui relève de l'ambiance.

C'est un sujet que je trouve utile parce qu'il ne demande aucune connaissance médicale : il suffit de savoir ce qui est encadré pour lire une étiquette autrement.

Ce qui est encadré

Les allégations nutritionnelles et de santé portées par les denrées alimentaires font l'objet d'une réglementation européenne. Une allégation ne peut être utilisée que si elle figure dans une liste autorisée, dans une formulation précise et sous conditions d'emploi.

Autrement dit : les formules qui associent un nutriment à un effet physiologique et qu'on retrouve à l'identique sur beaucoup de produits ne sont pas des formules choisies par le fabricant. Ce sont les seules qu'il a le droit d'employer.

Une phrase qui revient mot pour mot sur des dizaines de produits différents n'est pas un argument marketing raté. C'est un libellé imposé.

Ce qui est interdit

Attribuer à une denrée alimentaire des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d'une maladie humaine n'est pas autorisé. C'est la ligne la plus nette du dispositif, et c'est celle qui permet de trier immédiatement.

Un produit qui suggère de soigner quelque chose sort du cadre applicable aux aliments — ou joue sur des formulations volontairement floues pour rester du bon côté tout en laissant entendre autre chose.

Ce qui n'est pas encadré

Tout le reste du discours : le vocabulaire d'ambiance, les images, les évocations de nature, de tradition ou de pureté, les témoignages. Rien de tout cela ne constitue une allégation au sens réglementaire, donc rien n'a besoin d'être justifié.

C'est là que se loge l'essentiel du travail de persuasion, précisément parce que c'est l'espace libre.

Les compléments alimentaires

Ils relèvent du droit alimentaire, pas du médicament : ils ne sont pas soumis à une autorisation de mise sur le marché fondée sur des essais d'efficacité. Cela ne signifie pas qu'ils sont sans effet — cela signifie que la preuve exigée n'est pas la même.

Deux points valent d'être connus : certains présentent des interactions possibles avec des traitements en cours, et il existe des dispositifs publics de signalement des effets indésirables. Avant d'en prendre, la question se pose à un médecin ou à un pharmacien, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie chronique.

Où vérifier

Les listes d'allégations autorisées, les recommandations nutritionnelles et les alertes sanitaires sont publiées par les autorités compétentes, en accès libre. C'est la source à consulter, avant tout article de vulgarisation — y compris celui-ci, qui décrit un cadre mais ne se substitue pas à son texte.

Portrait de Ethan Monnier

Rédacteur en chef · Santé & Bien-être

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